La thérapie EMDR utilise une stimulation sensorielle bi-alternée (droite-gauche) qui se pratique par mouvements oculaires –

Francine Shapiro, Ph.D., psychologue américaine résidant en Californie, actuellement Senior Research Fellow du Menlo Park Research Institute – l’École de Palo Alto -, a trouvé par hasard en 1987 un moyen très simple de stimuler un mécanisme neuropsychologique complexe présent en chacun de nous, qui permet de retraiter des vécus traumatiques non digérés à l’origine de divers symptômes, parfois très invalidants. On peut ainsi soigner des séquelles post-traumatiques même de nombreuses années après.

Depuis près de de 30 ans la thérapie EMDR a prouvé son efficacité à travers de très nombreuses études scientifiques contrôlées mises en place par des chercheurs et cliniciens du monde entier. Elle est principalement validée pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT), qui est la dénomination scientifique de ce qu’on appelle aussi plus communément le psychotrauma. A ce titre, la thérapie EMDR est recommandée, entre autres instances publiques nationales et internationales, par :

  • La Haute Autorité de Santé depuis Juin 2007, pour l’état de stress post-traumatique (ancienne dénomination du TSPT) ainsi que pour les comorbidités souvent associées (dépression, risque de suicide, dépendance vis-à-vis de drogues ou de l’alcool, etc.). Cf. Guide-Affection de longue durée : Affections psychiatriques de longue durée, Troubles anxieux graves, page 17.
  • L’Organisation Mondiale de la Santé depuis 2013, cf. Guidelines for the Management of Conditions Specifically Related to Stress, pages 37-39.

Histoire de l’EMDR

En 1979, Francine Shapiro apprend son cancer, ce qui l’amène à explorer les liens entre le stress, l’activité mentale et la maladie. Après avoir repris ses études en psychologie et obtenu un doctorat, c’est en se promenant dans un parc qu’elle fût amenée sur la piste de l’EMDR. Assaillie d’idées noires et de ruminations, elle se rendit compte que lorsqu’elle bougeait ses yeux de gauches à droites, cela permettait de réduire les pensées négatives, et de diminuer leur charge émotionnelle lorsque ces pensées réapparaissaient. Elle fit donc l’hypothèse d’un lien entre les deux événements. S’ensuivent quelques mois d’expérimentation sur elle-même, puis avec ses proches, et enfin avec ses clients en psychothérapie.

Enfin des études seront réalisées sur des patients traumatisés de guerre, les vétérans du Vietnam .

Comment se passe une séance de traitement EMDR ?

Des séances de préparation préalables :

Du fait de l’effet puissant de cette thérapie sur le psychisme du patient, une préparation est indispensable. Les entretiens préliminaires permettent de :

–    construire une relation thérapeutique de confiance avec son praticien ;
–    identifier avec lui une problématique actuelle susceptible d’être traitée en EMDR, puis les souvenirs traumatiques à l’origine de ces difficultés ;
–    et enfin de mettre en place des outils psychocorporels de stabilisation émotionnelle qui peuvent être utilisés en cours de séance ainsi qu’en pratique autonome entre les séances.

Un processus de traitement conscient

Les souvenirs perturbants identifiés sont ensuite retraités, un à un, lors des séances, à l’aide des stimulations bilatérales alternées. Il faut parfois plusieurs séances pour traiter un seul souvenir. Pour les enfants, selon leur âge, le traitement EMDR peut se faire en présence de leurs parents.

Le processus psychique de traitement activé par la méthode est un processus conscient. Il correspond à ce que fait naturellement notre cerveau quand il ne se bloque pas. Au début, le praticien demande au patient de se concentrer sur le souvenir traumatique, en gardant à l’esprit les aspects sensoriels les plus perturbants (image, son, odeur, sensation physique), ainsi que les pensées et ressentis actuels négatifs qui y sont associés.

Le praticien pratique alors des séries de stimulations bilatérales alternées rapides; entre chaque série, le patient dit ce qui lui vient à l’esprit ; il n’y a aucun effort à faire pendant la stimulation pour obtenir tel ou tel type de résultat, l’évènement se retraite spontanément et différemment pour chaque personne selon son vécu, sa personnalité, ses ressources, sa culture. Le praticien continue les stimulations jusqu’à ce que le souvenir ne génère plus de perturbations mais soit mis à distance, « effacé », ait perdu sa vivacité. Ensuite, toujours avec des stimulations bilatérales alternées rapides, il aide le patient à associer à ce souvenir une pensée positive, constructive, pacifiante, et à évacuer d’éventuels restes physiques désagréables.

Les bienfaits de l’EMDR

De façon générale, l’EMDR permet d’engendrer des sentiments positifs, de faciliter la prise de conscience et de modifier les croyances et les comportements. Cette technique est également utilisée afin de renforcer les ressources internes du patient, lui permettant ainsi d’adopter les changements désirés. Ainsi, elle est efficace pour traiter plusieurs troubles plus spécifiques :

Réduire les symptômes liés au stress post-traumatique

Beaucoup d’études scientifiques ont mis en évidence l’efficacité de l’EMDR sur cette affection. Dans une étude réalisée en 2009 sur l’effet de la thérapie EMDR dans le cadre de la prise en charge du deuil traumatique, les résultats ont révélé une baisse du deuil traumatique, de l’anxiété, de la dépression et de la détresse psychologique des participants. De plus, une autre étude a mis en évidence la plus grande efficacité de la thérapie EMDR sur des placebos et de antidépresseurs. En effet, après 6 mois, 57% des 88 patients n’avaient plus de symptômes grâce à l’EMDR. certains auteurs ont rapporté que les effets positifs de l’EMDR sur Ainsi, l’EMDR a fait ses preuves pour aider les victimes de guerre, de crimes, d’agressions sexuelles…et autres traumas

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